nIpod, ni soumise

J'en parlerai à mon blog... kikoolol asv ? 20F38 85B. Cynisme et pots de confiture. Vie en noir et blanc. Perdue dans l'arc en ciel de mes délires. Délirium Trémens d'une alcoolique à la vie. Bad trips d'une camée au désespoir. Manur3va et se réveilla.

24 décembre 2009

Nique sa mère Noël

 

Bon, l'avantage d'avoir un mec qui chausse du 50,

BLABLABLA

c'est qu'on peut réellement mettre ses cadeaux dans les chaussures.


Warm Winter Thoughts

Attention, révélation Closer/Paris Match/Maximal/Entrevue/Autre : en vrai, j'avoue, j'adore Noël. Ouais, je sais, c'est pas à la mode, on devrait tous haïr Noël, parce que ouais, c'est trop niaiseux et ça dégouline de bonheur niais et dégueu de partout. Sauf que c'est trop cool quand même. Sauf quand tu te balades dans Bourre La Maurice et que y'a des petits chants de Noël ridicules crachés par des hauts parleurs de mauvaise qualité. Sauf quand tu dois traverser le marché de Noël de Grenoble pour rejoindre le gens aussi. Quoique. Te faire servir une soupe dans une miche de pain par une vieille gâteuse complètement sénile qui veut pas te rendre tes thunes ça a son charme aussi. On va dire. Et foutre un masque respiratoire au milieu de ce bordel en toussant très fort et invoquant des vertiges pour bousculer les gens c'était à faire. Non mais vive la psychose, merci gentil gouvernement de nous offrir des occasions de se fendre la gueule. On retourne jouer à la Grippe A?

Je tiens aussi à remercier mes chers profs qui me font vivre un stress de dingue pour quelques heures devant une copie le 4 janvier, et ce pendant encore quelques jours après, merci, merci, je pense très fort à vous qui pourrissez mes vacances. Même si vous m'apprenez plein de choses complètement inutiles, et tout le monde sait que je raffole des détails inutiles qui servent à rien. Genre que le produit du braquage d'une banque se déclare dans la cédule des bénéfices non-commerciaux sur ta feuille d'impôts.Oui, je sais remplir une feuille d'impôts, mais je suis pas prête d'en payer.

Donc je disais j'aime Noël. Le premier qui se fout de ma gueule je lui fous des Gifs moches animés plein la page, okay? Hmouais, ça ira pour cette fois. En vrai je l'ai déjà fêté avec quasi tout le monde. En amoureux? Fait. En famille? Fait côté maman. Côté papa, on va d'ores et déjà annoncer que c'est mort. Et je parle pas de ma tante.Je devrais pas en rire, j'en n'ai même pas envie. Juste que mon père a encore total merdé.

Aujourd'hui, mes parents sont fraîchement divorcés. Ma mère a cru que je passais le réveillon chez mon père, et inversement. Résultat, je vais passer mes premières fêtes en solo. VDM

#1339126 (7) - le 24-12-2009 à 13:48 par Inconnu - inclassable - je valide, c'est une VDM (680) - tu l'as bien mérité (32)


Ouais, ça aurait pu ressembler à un truc du genre. Pour une fois on lui avait demandé en avance en plus. S'organiser, toussa. On sait qu'il a du mal. Pour la peine, y'a deux semaines c'était t'inquiète c'est bouclé. Y'a trois jours c'était au fait, je peux squatter? Avant hier, c'était j'arrive demain ou après demain. Hier c'était silence radio. Aujourd'hui c'est appeler comme une fleur à dix heures au fait tu manges avec moi? LOL. J'aimerais vraiment en rire. Pour la peine, je me suis réfugiée à la montagne. J'écoute le vent. Le sapin est cool. Y'a du feu dans la cheminée. Et je me suis acquittée de mes obligations familiales. Un café et une clope et tout serait parfait.

Non en plus ces quelques jours de Noël avant l'heure avec ma mère ont été vraiment cools. J'ai passé mon temps à faire à bouffer. J'adore faire à bouffer en fait. Surtout les desserts. L'occasion de passer des bons moments en famille (ouais, c'est cliché, mais quand t'y habites plus ça prend déjà plus de sens, je trouve). Orangettes, truffes, gâteaux, cookies... La maison qui sent bon. Les échanges culturels. Faire bouffer des escargots à mon allemand, apprendre à faire des Zimtsternen et des Bretzels. J'ai même réussi à amadouer mon grand père avec des cookies chocolat blanc-orange. Pas au point de lui avouer que je vivais avec un mec, et encore moins de lui présenter, bon. Mais bon, il a pu plaisanter avec ma tante de tous les accents allemands, rencontrer environ tout le reste de la famille, se gaver de restes. Oui, mon grand père est un peu spécial, on peut pas lui plaire, je pense. Vive le mélange avec le sang bleu. Dommage que je lui ressemble tant. La dernière fois qu'il a vu mon frère il a refuser de lui parler vu que ses cheveux étaient trop longs. Ambiance. Maintenant, je me dis que c'est qu'une fois par an, je vire tous mes piercings, m'habille bien, et fais la jeune fille de bonne famille quelques heures.

J'adore choisir les cadeaux pour les gens aussi. M'interroger sur ce qui leur ferait plaisir. Passer du temps à emballer. Trouver des trucs originaux. Regarder leur gueule quand ils ouvrent. Petits bonheurs débiles de Noël quoi. Ma mère et ses M&M's qui se fait courser au boulot parce que tout le monde en veut. Planter un petit sapin en plastique dans notre chambre et le décorer. Sortir les sucres d'orge et découvrir que les bonbons père Noël sont en fait grave dégueus. Faire le sapin. L'est bô.

Bref, tout ceci n'a rien de bien passionnant, en vrai. Un artcile contextuel inutile qui me fait passer le temps au lieu de réviser. Cay mâââl. Ouais, je sais. Mais que voulez vous, on est paresseuse ou on est paresseuse, et moi je suis vraiment paresseuse.

Sapins_11_Francois_Marithe_Girbaud

Bon, en vrai, le seul truc pas cool c'est la neige. Non non, j'adore la neige. Dix centimètres, c'était le pied. Oui, c'était. J'adore passer de moins dix à plus dix en une journée, tout ça à cause de ce putain de fœhn. Ça a fondu à vue d'œil, comme ça, sans prévenir, en quelques heures. D'une belle plaine blanche, tout est redevenu boueux. Je pense n'avoir jamais rien vu d'aussi déprimant. Tant pis pour le Noël blanc.

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17 décembre 2009

S.U.C.K M.Y T.V (Radio Edit)

01

Petit chapeau rond noir/Courses de Noël/Papa fait chier/Premiers flocons/Retrouver la pluie la boue la gadoue dégueus à Gre'/Trop de boulot/MST m'a tuer/Overdose de gâteaux/Trop de bouffe corps torturé/Et ça fait que commencer/Dos foutu/Décontracturants de merde/Tout soigner avec de la vitamine C et du Doliprane/Pas d'aspirine/Impatience/Miss viande hachée a bien été choisie, habemus lupam/Envie de voir personne/Regarder les lumières briller se dire que tout est pas si moche, pas comme moi/Pas envie de continuer/De nouveau du chauffage l'eau qui fait glouglou dans les tuyaux/Schizophrénie non assumée/Chruschtschow et les méandres des deux Allemagne/Ai-je le droit, aurai-je le droit, avais-je le droit, le droit de me vautrer?/Juste un bout de viande avariée/Petite poupée/Sois belle et tais toi, tais toi et suce/Combien la passe?/Utilitaire. Comme un fourgon, mais on y fourre moins de trucs/Envie de tout foutre en l'air/Pas besoin d'être malade pour être morbide/Vivre d'air froid et de vin rouge/Envie d'un joint/Trop plein de tout, trop vide de nous/Juste pas envie/My anger is a storm with no rain/Regarder le paysage qui défile coller la joue contre la vitre gelée vouloir oublier dormir/Toi aussi, rejoins le chat de Skyrock/En attente de neige/Patente/Petite pute j'aurai ta peau en tapis devant ma cheminée/Pour ce que ça me sert tout ça/Fatiguée et vaine, des cernes comme des valises, et mes cliques et mes claques/Tête à claque, t'var ta gueule à la récré/Déchéance. Totale. Une ombre./Et le vol des corbeaux sur la plaine brumeuse/Keur. Malgré tout/Non mais une minute de vie en plus ou en moins on s'en fout ça se trouve demain on crève sous un bus. Ou d'un cancer, dans d'atroces souffrances, connasse/Une femme qui fume après l'amour prouve que son homme n'a pas su l'éteindre/Toi aussi écarte les cuisses sur le net devant ta webcam ça rapporte/Quand j'aurai plus de thunes je vendrai ma chatte aux enchères/Tu veux quoi pour Noël? Un Slimfast/Wanna be in London/Or in Berlin/Just somewhere else/Petite poupée poupée gonflable/Rustine y'a des trous trous de mémoires trous de nez trou tout court/Si froid/

03

Je me suis souvenue de quand j'étais en primaire. Ouais, ça date. Non, ça me manque pas. Parce que bled pommé où tout le monde se connait, surtout les gosses, et où tes supposés potes sont les enfants des potes de tes parents. Cette sale manie de lire, tout le temps. Faut dire, je suis arrivée, j'étais pas d'ici, je sortais d'opération. Oh, moi ça allait. Ma voisine de chambre moins. Cancer de la vessie un tuyau dans la chatte à vie. Cinq ans, comme moi qui n'ai qu'une minuscule cicatrice qui perturbe mes nerfs dans le cou. Ou cette mère et son gamin malade. Cette faculté de m'enfuir dès que les infirmières arrivaient. Non, je n'aime pas les prises de sang, ni les médocs dégueus. Et ils l'étaient bordayl. M'endormir dans le couloir en attendant que mon père daigne me voir, les internes qui me portaient jusqu'à ma piaule. Découverte de la télé, j'avais pas le droit avant. Au final c'était nul, mieux valait continuer de se balader. Pas de potes en sortant. Plus de chez moi. Juste une tonne de lettres, et un départ sans au revoir. Et OSEF, au final. Ces merdeux ne m'ont jamais manqué. Mes profs si. Eux comprenaient que j'aimais pas faire la sieste. Quelle idée de dormir en pleine journée. Eux m'apprenaient à lire. Heureusement, ça au moins ça a continué. Ça je savais. Et ça m'occupait. Et cette idée de pas vouloir réviser avant les contrôles, parce que tu comprends, c'est de la triche, si tu révises ça veut dire que t'as pas réellement compris au moment où il fallait. Ahah. Parfois l'enfance est loin. d'autres fois trop proche. Et forcément ça se concilie mal.

04

Et la neige qui floconne doucement des flocons faux cons et vraies connes petite connasse trop doucement trop de froid bienvenue à Grenoble la température extérieure est de moins cinq degrés Celsius, la neige n'est pas décidée à arriver le trop plein si black snow pas envie de blanc fausse virginité non sens vol de corbeaux dans la brume tout se floute y compris dans ma tête surtout dans ma tête révisions le crâne qui explose trop plein d'infos trop plein de trucs dont il faut se souvenir tant qu'il faudrait oublier les mouchoirs qui trainent sur le bureau le sapin sur la table petit sapin vert en plastique et ses lumières les cadeaux impatience envie mais attendre envie de faire plaisir mais en fait non juste que je sais plus les doigts gelés peinent à écrire des pages et des pages d'approximations à tous niveaux approximations partout et nous on en est où petit papa Noël quand tu descendras du ciel ramène moi un hymen ou un gode ceinture marre de tout ça fatiguée le temps s'en le temps est gris il fait froid brumes et nuages tombé du ciel à travers les nuages mauvais présages tous ces psychopompes par nuées menaçantes oiseaux qui tournoient et tournoient eux aussi feraient mieux de fuir loin et vite profond encore année après année je hais les petites putes dans votre genre.

02

Je me suis vue à la télé l'autre jour. Oh vous inquiétez pas vous avez pas raté ma gueule sur le petit écran, hein, non rien de plus qu'un exercice débile en cours d'expression devant la caméra. Non je n'étais même pas devant en train de discuter avec le prof, faut pas déconner, j'aime bien me vendre, pas me foutre en promo avec des grandes enseignes fluos. Mais braif, forcément, fallait que la caméra tombe pile sur l'endroit où j'étais assise par ailleurs. Forcément, après coup, on regarde les vidéos. Bon on va passer outre le fait que non vraiment je n'aime pas ma gueule, hein. Mais c'était pas le seul problème. C'était même pas le vrai problème en fait. Le vrai problème c'est mon attitude. À bouger dans tous les sens, comme une petite hyperactive incapable de tenir en place cinq secondes. Ou comme une merdeuse qui a envie de faire pipi et se tortille dans tous les sens pour se retenir. Gestes nerveux, tout le temps. Griffonner quelques trucs sur ma feuille. Me relever. regarder les gens. Passer la main dans mes cheveux. Repasser ma main dans les cheveux. Regriffonner. Je déteste ne rien faire. Mais surtout je détesterais me rencontrer. Je ferais mieux de savoir m'emmerder sagement, à compter et sodomiser mouches et anges qui passent.

05

Weihnachten, die Zeit des Friedens, Zeit zu vergeben und zu verzeihn.
Ich liebe Dich und Du liebst mich, jeder liebt jeden, laßt uns zusammen fröhlich sein.
Nichts ist heut unmöglich, auch ein Wunder kann geschehn.
Jeder Traum geht in Erfüllung, wenn Du es wirklich willst.

Ich wünsche mir ein neues Auto, weil das alte nicht funktioniert.
Ich wünsche mir 'ne neue Freundin, denn die alte, die bringt's nicht mehr.
Ich brauch ein neues Leben, das ich leben kann,
denn mein altes widert mich täglich an.

Hey, ein neues frohes Fest, keine Angst es wird vorübergehen.
Hey, ein neues frohes Fest, nur Mut, wir werden es durchstehen.

Wir wünschen Euch ein frohes, neues Jahr!
Reichtum und Glück, wär das nicht wunderbar?
Und einen Gartenzwerg, mit dem man sprechen kann,
einen Staubsauger mit Rückwärtsgang.
Einen Bausparvertrag und ein Autotelefon,
eine aufblasbare Puppe mit Stereoton.

Hey, ein neues frohes Fest, keine Angst es wird vorübergehen.
Hey, ein neues frohes Fest, nur Mut, wir werden es durchstehen.

Laßt uns beten für die Armen und die Kranken dieser Welt
und dass die Deutsche Mark ihren Kurswert hält.

Hey, ein neues frohes Fest, keine Angst es wird vorübergehen.
Hey, ein neues frohes Fest, nur Mut, wir werden es durchstehen.

06

JOYEUX NO HELL WELCOME TO PARADISE JESUS IS HERE JESUS IS IN MY BED

13 décembre 2009

Have you smoked any fun cigarets or drunk?

Youpi, je suis malade, même pas la grippe histoire de me donner une excuse pour rigoler, une bonne toux qui me lacère bien, juste de quoi me faire chier histoire de bien me crever au moment où je dois me pousser à bout. Et même pas de fièvre pour expliquer mes rêves stupides. Je vais finir par croire que je me stresse pour mes exams. En même temps j'ai rêvé que je les passais.

En plus c'était complètement con. Déjà, j'avais je ne sais combien d'heures d'épreuve d'allemand. Dont un oral avec un couple qui passait son temps à s'embrasser et à se foutre de ma gueule. Allez savoir pourquoi j'avais une télé devant moi pendant les écrits, puis ma prof totalement incompétente de l'année dernière qui ne sait pas aligner deux mots en allemand nous passait un film sur l'histoire médiévale. Logique.

L
e pire c'était en droit commercial. Là c'est devenu complètement arraché. Le sujet était une histoire d'aventure complètement bateau, genre des amis qui vont chercher l'Eldorado en Amazonie, rien que ça, bref il leur arrive plein d'histoires, y'en a qui meurent, bref, classique quoi. Et là je ponds un plan en trois parties. La première sur le contrat de société : la volonté de s'associer en vue de partager des bénéfices ou de réaliser une économie. Ben ouais ils s'associaient pour aller chercher de l'or. La seconde sur le risque commercial. Ben ouais, y'en a qui crèvent dans le tas, enfin bon c'est la vie ma pauvre Lucette, faut prendre des risques. La troisième partie sur la solidarité. Bon là ça à rien à voir hein, mais eux ils s'entraidaient donc ils étaient solidaires (sauf que normalement la solidarité c'est quand il s'agit de raquer).

Donc, je pense que je suis en stress. Et pas qu'un peu. Ahah. Ça m'était jamais arrivé ça encore. J'en suis sur le cul. Normalement je fais mes années en n'allant pas en cours du semestre, en photocopiant tout la semaine avant les partiels, en ingurgitant tout jusqu'à l'overdose et en allant le vomir le lendemain sur ma copie. Et je passe, ce qui est environ l'essentiel. Sans me prendre la tête en plus, en me faisant pas chier dans des amphis blindés, et blindés de cons qui plus est.

Cette année... je suis allée en cours, quasi tout le temps, je connais mes cours, la preuve j'en rêve la nuit, je bosse au fur et à mesure, je rends même les devoirs qu'on me demande, je vais aux contrôles continus... et en plus je flippe ma mère. Elle est où la logique là dedans? DTC. Oui jusque là ça reste dans l'illogisme des choses. Non, en plus c'est logique. Forcément tant que je m'en branle je me fous pas la pression. Là au contraire je veux vraiment y arriver. Tout ça pour pouvoir partir de ce bled de merde.

U
huh. Dis comme ça on se croirait dans une histoire débile à l'américaine avec une merdeuse qui veut conquérir Hollywood mais qui va d'abord avoir pleins d'emmerdes pour y aller. Le genre de gamines qui dans la vraie vie finissent au mieux violées sur le bord de la route. Bah, faut bien qu'elles apprennent à donner de leur personne si elles veulent réussir.

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09 décembre 2009

Bullet with Butterfly Wings

Vent hurlant, pluie torrentielle. Se sentir comme le petit cochon terré dans un coin, tremblotant, tentant d'échapper à la grippe porcine qu'il a lui même provoquée. Et le loup qui souffle sur la maison. Tout est prêt à s'effondrer. Et le monde s'écroula. Mais les murs sont debout, plus forts que jamais. Le loup est dans la porcherie. Le loup du doute, sournois, insidieux, qui tourne et tourne en rasant les murs. Cherche à bouffer la petite queue en tire-bouchon. Mais non, il s'amuse, approche les dents, les claque dans le vide et reprend sa ronde pendant que le corps rose se referme de plus en plus sur lui-même, de plus en plus terrifié. Sans connaître l'issue. Fermer les yeux. J'aimerais hurler à m'en déchirer les poumons, faire sortir tout ce beau monde de ma tête, expier, brutalement, bestialement, emplir le vide de bruit. Mais tout ce qui sort de mes poumons, c'est la toux qui le draine, violente, prenante, coupant la respiration. Le piège à loup qui emprisonne épaules et cage thoracique, s'ouvre et se referme, dents d'acier qui me broient. Et la fumée. Ne reste que le silence. Se replier sur soi, oublier de respirer, sentir le souffle devenir de plus en plus saccadé, les tremblements, doux d'abord, puis de plus en plus violents, le corps qui nous échappe, et tout le reste aussi, comme de l'eau entre les mains, qui coule et fuit sans pouvoir être retenue. On ne peut que la ralentir. Et cette arrière pensée que je puisse simuler, le doute n'est pas que de mon côté, il marque chacun de son sceau. Il suffit d'une fois. Et cette pensée que, toujours, mieux vaut s'en prendre à soi-même, car si tout sort, je me sens comme un torrent de montagne à la fonte des neiges, prête à tout balayer, sans réfléchir, sans gentillesse ni sentiment, sans considération pour personne et encore moins pour les égos malmenés de chacun. Et je veux pas. Contrôle. Réfléchir. Trop réfléchir. Ça me rappelle cette pensée avant. Quelle langue? L'anglais est tellement parfait pour ça. Concis, entrecoupable d'insultes brèves et cinglantes à tous moments, bruyant, vulgaire et rustre, parfait pour les explosions de grande classe, violentes, où tout sort. L'allemand au contraire a un côté plus solennel, plus policé, plus réfléchi, il faut peser mots et phrases, la construction veut que les choses soient amenées doucement. Tout ça pour aboutir au français, langue incroyablement maladroite qui distord les propos, fait tourner en rond, personne ne peut en faire quoi que ce soit. Maintenant je me sens incroyablement vide. J'ai dit ce que j'avais à dire. Et oui, je refuse d'en tirer les conséquences, oui je refuse d'avoir à choisir. Cette incapacité de projection, toujours. Va et vient entre passé et présent. Le futur? Il arrivera bien assez tôt. On verra à ce moment là. Je ne m'imagine pas dans dix, cinq ou même un an. Dommage, vu que je rends mon projet d'avenir demain. Une lettre de motivation démotivée. Un grand blanc en ce qui concerne la professionnalisation. Et le vide quand je me représente plus tard. Mère, carriériste, chef d'entreprise, secrétaire, chômeuse, ou je ne sais quoi, en France, en Allemagne, en Angleterre ou encore ailleurs ... aucun de ses rôles ne colle, l'impression que je n'aurai ma place nulle part de toute façon. Mon père en serait malade, lui qui a toujours voulu que je devienne "quelqu'un", m'a ouvert ses réseaux afin que j'y pénètre, faut croire que j'avais pas le bon gode ceinture. De toute façon, c'est qui ce quelqu'un? Ranafoutre, pas envie de le connaître. Et cette envie de m'enfoncer là dedans, d'envoyer péter tout le monde en prime, histoire de tout raser, que le monde se referme autour de moi, me laisser engloutir par l'oubli. J'aimerais, mais toujours quelques foutues attaches qui trainent, qui me retiennent de partir en claquant la porte. En attendant, je danse sur des ruines, danse ivre et incontrôlée, les mots tournent et tournent en une ronde insatiable à m'en rendre folle, des œillères qui me gardent du monde extérieur, en attendant la fin du blitz, que les bombes s'arrêtent, que tombe le sifflement des balles, que les immeubles cessent de s'effondrer, que la fumée se dissipe, et repasser tout ça en arrière en accéléré jusqu'à ce que tout redevienne comme avant, et retarder la fin du monde d'autant, avant de tous redevenir des bouts de chair inertes bouffés par les vers.

_ManuelNoguiera_11

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